Le prix de la gratuité (réponse sur Brest 2008)
C’est vrai, Monsieur Chris Perrot que mon précédent article manquait un peu de concret et je vous remercie de me donner l’occasion d’imager mon propos au travers de l’exemple de Brest 2008. En écrivant cet article, je pensais plutôt à un service à la population comme le tram, mais l’événement qu’est Brest 2008 l’est tout autant pour notre territoire.
Brest 2008 sera payant comme les précédentes éditions … est-ce pour autant un facteur d’exclusion culturelle ? Non, parce que la solidarité a été pensée très en amont :
- Il y aura comme chaque année des billets gratuits vers les publics en difficulté, mais sur la base de critères sociaux définis par avance ou au travers d’associations œuvrant sur le domaine de la solidarité sur le territoire.
L’accessibilité n’est donc pas oubliée, mais elle ne se fait au plus près des besoins, « au cas par cas collectif ». Je ne vois donc pas l’intérêt qu’aurait Brest Métropole Océane à s’obliger un financement d’une gratuité générale, par les impôts des habitants, sur l’entrée de tous les touristes ou de toutes les entreprises qui viendront sur la manifestation (et qui auront à priori les finances pour payer leur ticket).
C’est en effet cela que je pense être de la bonne gestion.
Pour info aussi, et parce que cette remarque avait été remontée très fortement lors des précédentes éditions, il est regardé de très près la possibilité d’une ouverture totale (et gratuite !) de la manifestation pour le tir du feu d’artifice du 14 juillet. Je mets tout cela au conditionnel car cela semble être plus facile à dire qu’à faire, en termes de sécurité du site. Cela fait beaucoup de monde dans peu d’espace et en cas de danger, les responsables doivent s’assurer du respect de règles de sécurité strictes. Mais la question est regardée de très près par le comité d’organisation pour essayer de lever les problèmes qu’une telle disposition pose. J’espère pour ma part que cela sera possible.
Concernant le dernier point soulevé, c’est-à-dire le déficit de la fête. Cela a déjà été dit, aussi je le répète ici. Les autres fêtes maritimes ont 100% de financements publics, donc il n’y a, par définition, jamais de déficit ! Brest fait le choix de construire un prévisionnel ambitieux, en escomptant des rentrées financières sur la ticketerie. C’est un choix. En terme entrepreneurial, cela s’appelle « les risques et les opportunités » d’une opération. Si on ne prend jamais de risque, on ne fait pas grand-chose … ce n’est pas une question de bonne gestion, c’est une question de gestion tout court !
Voilà, Monsieur Chris Perrot, j’espère avoir pu éclairer vos questions qui me semblent bien légitimes. Mais là encore, il faut se méfier des recettes. Chaque politique a des effets positifs et négatifs, il n’y en a aucune de parfaite … il convient de les peser avec raison et en gardant à l’esprit les objectifs finaux que l’on porte. Je crois pour ma part que Brest 2008 ne déroge pas avec notre vision politique, au regard de ce que je viens de dire, mais c’est évidemment discutable …
A bientôt
Décidémment votre approche de la gestion m’interpelle.
Concernant les fêtes maritimes à Brest, vous souhaitez exiger illégalement un droit de péage sur le domaine public. Je trouve merveilleux que vous demanderez encore l’été prochain aux personnes qui se rendront à cette manifestation de payer une taxe qui d’un point de vue juridique reste illégale. Voir les jurisprudences. Nul n’est censé ignorer la loi. Les élu-e-s devraient être exemplaire à ce sujet.
Désolé de vous contredire, un déficit financier reste un déficit, même si un éventuel passif de l’association paramunicipale organisatrise resterait au final épongé par la collectivité (BMO + Ville) qui serait sollicitée pour solder les comptes. Les brestois devraient s’inquiéter de voir votre formation politique budgétiser des déficits.
Concernant les assos, je ne vois pas où est le problème. Même avec un accès non payant, le partenariat entre le milieu associatif et la collectivité organisatrice serait de mise. A titre personnel, je peux regretter que les assos en attendent aujourd’hui une compensation financière. Il y a sûrement à réfléchir sur le sens de ce « partenariat » car quoiqu’on en dise la contrepartie financière accordée aux associations en échange d’un temps de « bénévolat » s’apparente à de la subvention déguisée. Osons dire les choses.
Je me permets de vous rappeler que la gestion d’une collectivité n’est pas à comparer à celle d’une entreprise commerciale. Une boîte privée, quand elle a des déficits sur ses prises de risques commerciales, elle ne les soldent pas en faisant appel aux contribuables. Parfois, elles sont obligées de licencier ou mettre la clef sous la porte. Je vous rassure cela n’arrive pas à une collectivité qui à toujours la possibilité de solliciter ses contribuables pour générer du cash.
Quand une collectivité sérieuse prévoit d’organiser un événementiel dans le cadre d’une stratégie de communication, elle met en place un prévisionnel réaliste non basé sur des recettes aléatoires. A Brest, le paramètre sur lequel il s’avére aujourd’hui pertinent de jouer est la périodicité de cette manifestation. En effet, il n’a jamais été inscrit dans le marbre qu’elle devait se dérouler tous les quatre ans.
En ce qui concerne le contenu; là aussi, à mon sens il faut une remise à plat. Là c’est un autre débat de fond.