Violence politique
Vendredi dernier, alors que Jean-Jacques Urvoas discutait avec des militants, les locaux du Parti Socialiste à Brest ont été une nouvelle fois attaqués par une trentaine d’individus. Les banderoles et les slogans revendicateurs ont rapidement laissé la place à des actes de violence et de casse contre le bâtiment. Les militants présents ont dû s’enfermer pour ne pas être envahi et pris à partie. La police a dû intervenir pour disperser les agresseurs.
Cet épisode fait suite à toute une série de dégradations, majoritairement de nuit, sur les locaux du Parti Socialiste depuis plus d’un an. Cet épisode fait aussi suite à l’attaque très violente intervenue contre ces mêmes locaux, le 27 octobre 2014, suite aux débordements d’une manifestation contre les violences policières, après à la mort de Rémi Fraisse dans le Tarn.
Vendredi dernier, il y avait comme d’habitude quelques individus cagoulés, les visages masqués, prêts à user de la violence comme seul mode d’expression. Mais il y avait aussi des syndicalistes connus à Brest et des citoyens à visage découvert, qui légitimaient par leur accompagnement et leur passivité cette violence qui se déployait sous leurs yeux, comme si tout cela était devenu normal.
A l’intérieur des locaux, quelques dizaines de militants : personnes engagées dans des associations, syndicalistes, élus, venus-là pour échanger avec un camarade devenu Ministre. Ce n’était pas l’image d’Epinal d’un échange entre un Ministre et quelques militants beni-oui-oui, venus là sur ordre pour faire la claque. Au contraire, chacun était là pour s’écouter, tenter de comprendre et de se forger sa propre opinion. Les militants qui ne se privaient pas de poser leurs interrogations sur la situation actuelle et leurs doutes sur les lois en débat. Le ministre tentait d’expliquer, de clarifier une situation politique française complexe, mais exprimait aussi autant ses doutes que ses convictions.
Le rôle des partis politiques dans une société démocratique est justement d’être la place où le débat, l’échange politique puisse avoir lieu dans un cadre pacifié, ordonné et respectueux des divergences. C’est le lieu où chacun doit pouvoir s’exprimer, partager, être entendu par ceux qui sont en responsabilité et qui dirigent. C’est l’endroit où les projets politiques se travaillent, s’affrontent et se confrontent de façon à nourrir des programmes électoraux soumis à la sanction des citoyens. Tout cela ne se fait probablement pas de façon ordonnée et méthodique, mais les échanges, les rencontres, les discussions y sont bien le reflet de ce qu’est la société.
Dans une république démocratique les partis ne doivent pas devenir les boucs-émissaires faciles d’une société en perte de repères. Ils sont utiles pour que les divergences, les tensions qui existent dans tout groupe humain, arrivent à construire des politiques sans que la violence, la terreur et la domination aient leur place.
Les agressions violentes qui se multiplient contre les partis politiques sont bien une expression politique. Cette expression est la négation de nos valeurs républicaines. Cette expression est le témoignage d’une volonté de domination sans en passer par le débat, l’échange et la construction d’un monde commun. Nous habitons un pays où le vote est un droit, où la liberté d’expression, la liberté de contester et de manifester existent. De nombreux pays se battent encore, souvent aux prix de nombreuses vies, pour simplement acquérir ces droits politiques fondamentaux. Nous ne devons pas laisser cette violence guider nos attentes, car loin d’apporter des réponses, elle sera le ferment d’une monté de la peur et de la haine, déchirant le pays comme c’est arrivé souvent dans l’histoire.
Nous rejetons la violence contre les partis politiques, car elle est l’expression d’une vision politique conduisant à la peur, la haine et l’abandon des valeurs que nous défendons.
Une vidéo a été faite derrière de derrière la vitre. Mettez la en ligne pour que chacun.e puisse apprécier la réalité de cette violence… sonore.
Ah ah ah, quel beau discours ! Il me plait en fait. Dommage qu’il semble commencer par des messonges héontés… comment alors y croire ? Comment ne pas y voir une tentative désespérée de sauver sa maison ?
Avez vous lu la Note sur la supression des partis politique de Simone Veil ? Je vous le recommande.
Et continuez à lutter pour exprimer vos idées au sein de votre parti, c’est sans doute son seul salut écouter et respecter sa base.
sincèrement
« les échanges, les rencontres, les discussions y sont bien le reflet de ce qu’est la société. »… Dans vos rêves. Vous aimeriez bien que les partis soient le lieu où l’échange politique doive avoir lieu, dans le cadre de VOS normes de mollesse intellectuelle et de Politique au rabais. Marre de voir le Politique (au sens noble du terme) sali par vos semblables.
Si vos valeurs sont les valeurs économiques libérales devant lesquelles votre parti s’est prosterné depuis longtemps sans vision socialiste à long terme, alors nous revendiquons en effet l’abandon de ces valeurs.
Votre parti n’est qu’un simulacre de progressisme. Vous n’êtes pas là pour que la société change et s’améliore (ou alors seulement à raison d’une tranche de 5 ans par mandat, quelle blague, alors qu’on peut tous changer des choses au quotidien et se bouger pour que chacun aie un impact le plus positif possible sur le monde), vous êtes là pour qu’elle reste comme elle est. Et vu l’état dans lequel elle est actuellement, j’ai du mal à croire que tout ce que vous et vos semblables avez pu faire dans vos carrières y ait répondu de manière un minimum satisfaisante.
Ne soyez pas UN politique. Vous êtes politique, comme chacun d’entre nous. Prenez en conscience et agissez en conséquence.
Cher Monsieur Flantier,
D’abord, le PS n’est pas un parti monobloc. Au contraire, les opinions des militants que le composent s’étalent sur un spectre assez large de la gauche qui ne pourrait se résumer seulement au groupe qui nous gouverne aujourd’hui. Entre Gérard Filoche et Emmanuel Macron (même si je le prends volontairement dans sa fonction symbolique, puisqu’il n’est pas membre du PS) ou Emmanuel Valls, il y a tout un spectre de façons de concevoir la politique à gauche. Par contre, je crois que ce qui rassemble tout ce petit monde au sein d’un seul et même parti, malgré cette diversité, c’est une volonté de faire valoir nos divergences dans un espace de débat politique pacifié. Chacun à le droit à l’expression et chacun a le droit de tenter de convaincre les autres. Contrairement à l’image que les média donnent, les débats sont vifs dans les partis. Ils ne se traitent simplement pas sur la place publique parce que ce n’est justement pas le rôle d’un parti, mais ces débats existent bels et bien. La meilleure preuve de ces débats sont les tensions en internes qui font dire à certains que le parti est en train de se diviser.
Après, vous exprimer des opinions que je ne juge pas (chacun est libre de ses opinions), mais qui s’accompagnent de jugement pour ceux qui font. La politique n’est pas un spectacle, mais aussi un engagement que chacun est libre de faire. Vous semblez proche du Parti de gauche, alors allez-y et proposez des alternatives globales, pas seulement des critiques contre. A la fin, ce sont les citoyens qui arbitrent et choisissent ceux qui les représenteront.
Mais dans tous les cas, la violence, la volonté d’intimider ou de passer ses idées par la force n’est pas une façon acceptable de concevoir le débat public.
Bien cordialement.
Monsieur Perrot,
Il n’y a pas eu de vidéo de faite, mais seulement des photos de prises sur les smartphones des membres du service de sécurité du Ministre qui étaient là et qui appartiennent aux effectifs de la Police nationale.
Vous ne revendiquez que « du bruit ». C’est peut-être l’impression que vous avez eu de l’extérieur en tant qu’observateur passif que vous étiez. La réalité est qu’il y a bien eu une charge de plusieurs personnes contre la façade vitrée du bâtiment qui a conduit à fracturer une vitre en verre renforcé près de la porte d’entrée. Une plainte a été déposée et la police de Brest est venue vérifier sur place la réalité de l’incident.
Vous dites par ailleurs que les « policiers auraient pointé un pistolet sur vous ». A vous entendre, vous passeriez presque pour les victimes !
Les policiers du service d’ordre du Ministre m’ont en effet raconté cet épisode, mais d’une bien autre façon. Vu qui étaient en civil, vous ne pouviez savoir que les personnes qui vous faisaient face à l’intérieur des locaux du PS étaient des policiers. Après les premières tentatives d’intrusion de force dans les locaux, puis que la vitre fut cassée par une personne portant foulard, lunette de soleil et capuche (que j’ai vu sur les photos prises) et que les violence contre les portes vitrées se poursuivaient de plus belles, l’un des policiers à ouvert sa veste pour montrer l’arme à sa ceinture et bien faire comprendre qui se trouvaient derrière les vitres de la porte. Ce fut en effet dissuasif puisque cela aura calmé rapidement les agissements violents contre le bâtiment. Mais avouez que nous sommes bien loin d’une arme pointée vers un gentil militant pacifiste, non ? Je me demande d’ailleurs ce qui se seraient passé s’ils n’avaient pas été là. Où ce serait arrêté ce « mouvement bruyant » comme vous dites ?
J’imagine que mon propos suscitera un contre récit de votre part, m’accusant de mensonges et de manipulations. Je vous laisse à ce petit jeu. Les services de police de Brest ont recueilli les témoignages de leurs confrères parisiens ainsi que les photos de la vitre cassée.
Simplement, si votre objectif réel n’était que de faire du bruit, vous ne laisseriez pas sous vos yeux les autres agir violemment. Vous refusez que l’on vous accuse de violence, dont acte, j’aimerai ne pas avoir à le faire. Mais alors ne le faites pas, ni au PS, ni en conseil municipal. Nous ne sommes pas fermés à la discussion, mais elle ne peut avoir lieu si en face l’une des parties est systématiquement sur des postures d’intimidations. La discussion nécessite un minimum de respect et de confiance les uns envers les autres. C’est surtout cela que vous êtes en train de casser … volontairement ou involontairement.
Cordialement.
Cher Monsieur Molle,
Pas de « mensonges éhontés » de ma part. Peut-être une perspective de l’évènement différente, mais c’est un point de vue sincère.
Je reviens sur le commentaire précédent sur quelques détails qui semblent remis en cause. A vous de vous faire votre opinion …
Je ne connais pas la note de Simon Veil à laquelle vous faites référence. J’irai regarder.
Bien cordialement.
Ah, il y a donc un débat vif au sein de votre parti, mais personne ne peut rien en savoir, parce que ce n’est pas le rôle d’un parti de débattre sur la place publique… Par contre votre gouvernement PS ne se prive pas de lancer ou entretenir des polémiques à la noix (la politique n’est pas un spectacle, vous dites?). Mais vous, non, silence-radio, alors que vos diversités de points de vue et leur richesse pourraient peut-être apporter beaucoup à vos contemporains. Quel dommage… Tout ce qui ressort de ces débats, c’est Aubry et Consorts qui préparent les prochaines présidentielles… eh bien merci, mais ce sera sans moi.
à force de débattre en sous-marin, on finit par s’aliéner l’intellect des autres, qui, eux aussi, aimeraient bien affiner leurs points de vue politiques, afin de choisir au mieux ce qui les représentent, voire se lancer dans des actions politiques au local qui soient ambitieuses ou de travailler dans les meilleures conditions pour eux-même et les autres. Mais non. Voter ou devenir un professionnel de la politique, seule alternative…
Je trouve que vous avez tout à fait raison, la violence, la volonté d’intimider ou de passer ses idées par la force, en l’occurrence par l’article 49.3, n’est pas une façon acceptable de concevoir le débat public, vous dites bien Mr. FAYRET. Pourriez-vous nous rappeler qui procède comme tel? J’avoue que j’ai énormément de mal à distinguer entre les partis politiques
Sinon, certes le dissensus s’opère qu’à l’intérieur du parti; sur la place publique par contre, on fait en sorte que le ou la citoyen-ne à qui la classe dirigeante a imposé un rythme effréné de sorte à ce qu’il ou elle ne puisse vaquer aux affaires politiques, ne puisse rien comprendre, et donc son rôle est limité à voter pour être représenté-e en tant que profane (il ou elle ne sait de quoi s’agit-il exactement) par des spécialistes qui je ne sais à l’aulne de quels critères puisse-t-il ou elle les juger?! Étonnante équation, n’est-ce pas? Mais en tant que bon rhéteur que vous êtes, vous allez me ressasser que votre conception de l’engagement politique est l’unique, gérer des affaires politiques ne se fait qu’entre quatre murs, à huis clos entre personnes engagées, tant pis pour les non-engagées, mais tout de même on en aura besoin à chaque élection pour qu’elles ne votent pas contre nous, vous relèverez que je ne dis pas « votent pour nous », les votes blancs et les abstentions ne sont jamais pris en considération, sinon on admettrait cette volonté des citoyens de faire de la politique autrement qu’en passant par les partis politiques!