Premier conseil municipal
Hier matin avait lieu le premier conseil municipal de Brest pour la mandature 2014-2020.
Contrairement aux conseils municipaux classiques où nous passons principalement en revue des délibérations gérant la ville, celui-ci relevait exclusivement de la mise en route du Conseil. Les délibérations étaient majoritairement sur des élections d’élus à des fonctions : le maire d’abord, puis les 21 adjoints de la municipalité. Nous avons fini par quelques nominations sur des instances spécifiques comme le CCAS, la Commission d’Appel d’Offre (CAO) ou le CA des pompes funèbres communales (PFCA), par exemple.
Du fait du « scrutin proportionnel, avec une prime majoritaire » de l’élection municipale, ce jeu de nomination revêt un caractère plutôt symbolique. En effet, la liste gagnante dispose d’une large majorité au conseil (aujourd’hui, 42 sièges sur 55 pour Brest). Il y avait donc peu de surprise à attendre de ce conseil.
Première réunion officielle après l’élection, ce conseil n’en est pas moins instructif sur les positionnements des deux listes élues. Comme il était prévisible, madame Malgorn aura joué le jeu de l’obstruction systématique, sans vraiment arriver d’ailleurs à trouver des angles d’attaques pertinents, sur un ordre du jour pour le moins cousu de fil blanc. Bardée d’un code civil Dalloz bien en vue, ses interventions relevaient plus de la nécessité d’exister et de poser ses marques, que du débat constructif promis par l’opposition en début de séance.
Leur propos introductif fut d’ailleurs pour le moins étonnant. Revenant sur les résultats de l’élection, le doyen de l’assemblée a souhaité minimiser la victoire de dimanche dernier, qui d’un point de vue démocratique est sans appel.
La règle de l’arbitrage démocratique est d’obtenir la majorité plus une voix. La liste de gauche a obtenu la majorité plus 1143 voix, soit plus de 5,4 points d’écart entre les deux listes. Suivant cette règle connue de tous à l’avance, il n’y a donc pas à discuter. Laisser entendre que la liste d’opposition aurait des réserves de légitimité dans la forte abstention ou les votes blancs relève juste d’une analyse déformée du résultat électoral.
Le fort taux d’abstention relevé par cette nouvelle opposition doit en effet tous nous questionner (nous ne les avons pas attendu d’ailleurs pour cela), mais il n’est en aucun cas une réserve de voix que peut revendiquer l’une ou l’autre des listes. Le premier message des abstentionnistes ou des votes blancs au second tour est plutôt qu’aucune des deux listes n’a réussi à les mobiliser ou à recueillir leur adhésion. Les explications en sont multiples, mais aucune des deux listes ne porte une plus forte responsabilité sur cet état de fait et bien-sur, aucune des deux ne peut revendiquer ces voix.
Cette torsion de la réalité des votes ressemble beaucoup à ce qui est asséné au niveau national quand à la légitimité de la gauche à gouverner, malgré l’élection. Cela questionne sur l’état d’esprit et les visées de ceux qui profèrent ce genre d’analyse ou de propos.
Enfin et de façon paradoxale, le fait de dénoncer l’abstention comme étant un problème grave pour notre société n’a pas empêché la nouvelle opposition municipale de refuser de prendre part au vote plusieurs fois durant ce premier conseil. Ils avaient le choix de voter Pour, Contre ou Blanc. Refuser de prendre part au vote, n’est-ce pas tout simplement s’abstenir ?
Belle démonstration de cohérence démocratique !
Bonjour
L’article est étrange…
Vous mettez en avant le vote comme étant l’expression même de la démocratie…et conspuez ceux qui ne l’acceptent pas, très bien…j’en prends note.
Alors pourquoi des manifestations contre un maire élu démocratiquement dans une ville du sud de la France…n’a susciter de votre part, (votre partie) aucunes réactions ?Il y aurait des lois d’exceptions ?
« ici on peut, là on peut pas »
En fait, c’est adaptable, c’est ça ?
Un truc à géométrie variable…très compliqué à comprendre..?
Quel est votre avis, sur ces « hordes de barbares » qui ne respectes pas la parole des urnes, résultats, suivant vos propres propos, indiscutables et démocratique ?
Vous parlez aussi des abstentionnistes….
Là, c’est un sujet que je connais…
Le fait que beaucoup ne veulent plus voter, est l’expression même du dégout que vous leurs inspiré….
Résigner, ils ne vous croies plus, droite comme gauche.
C’est donc bien ceux qui on le pouvoir, qui on réussit, depuis 30 ans, ce lent travail de sape sur les électeurs et les citoyens.
Vous êtes responsable et coupable de ce dégouts.(UMP-PS) Car le constat est bien que vous sortez tous des même écoles ou le népotisme est une affaire de business…et les problèmes de cécité, une maladie contagieuse…
Vous affirmez que: « Les explications en sont multiples? »
Ha oui ? On auraient aimez les connaitre ?
Je n’en vois pas plusieurs….
Salaires : 600 euros pas mois
Sécurité sociale : remboursement =20 à 30 %
Cotisation RSI et URSAF intolérables, insupportables …
« Mais ça vous ne le savez pas ou ne voulez pas le savoir … »
ça risquerait de diminuer vos « émoluments …
Je suis Français, et je n’ai pas eut le droit à la sécurité sociale durant 4 ans…ni au RSA, ni à la CMU….étonnant non ?
Vos parties ne fonds que parler des Patrons (les gros) …
Par contres, les petits entrepreneurs artisans, commerçants…
Eux, vous vous torcher avec !
On la constaté même en local lorsqu’une de vos amies avait carrément menacée, par voie de presse, les commerçant des hall saint Louis….
« Vilains électeurs qui oses ce plaindre ! »
Résultat, il est simple et vous le savez, voir même vous l’exploité…pour grignoter les quelques voies des pauvres électeurs qui reste encore…
En brandissant le spectre du FN…
Mais le FN, c’est pas les abstentionniste ou les votes blanc qui vont finir par le mettre au pouvoir, mais bien vous !
Avec vos magouilles, vos langues de bois….
Vous jouez un jeu extrêmement dangereux, et tout ça pourquoi…?
Pour que des professionnels de l’échec, de la culture du non résultat, puissent ce maintenir en place et fêter leur victoire « écrasante » issue des urnes, à coups de point presse et de petits cocktails.
Ceci est dit, dans l’indisible espoir de vous faire voir une petite partie du quotidien de « vos » électeurs…….
Monsieur Eric B.,
Vos messages ne sont plus qu’une succession d’accusations et de reproches gratuits qui n’apporte rien au débat. Que nous ne soyons pas d’accord sur tout, cela ne me gène pas, mais que l’échange dérive systématiquement dans le non respect des uns et des autres, là oui, cela me dérange.
Il est un moment où l’échange n’existe plus parce que les conditions pour le rendre possible ne sont plus réunies. Ce dernier message, comme votre vidéo d’entre deux tours, ne font strictement rien avancer. Bien au contraire, ils desservent en la disqualifiant la cause même que vous semblez vouloir défendre et discrédite la totalité de votre propos.
Je ne vous connais pas assez pour vous juger et je ne le ferai donc pas. Mais la réciproque est vraie. A force de mettre tout le monde dans le même panier et porter des jugements en mélangeant les personnes et les histoires, on finit dans un « tous pourris » mortifère qui ne sert que la haine et le rejet de tous ceux qui ne pensent pas comme soi.
Je suis élu et je ne crois pas ressembler à ce que vous dépeignez. Que l’on fasse des erreurs, probablement. Que des choix ne plaisent pas à tout le monde, c’est le principe même de la politique, sinon il n’y aurait pas la nécessité de choisir si l’évidence s’imposait … ou alors il s’agirait d’un régime autoritaire. Mais comme moi, nombre des élus que je côtoie font leur travail avec sincérité et consacrent une grande partie de leur temps à ce rôle et aux autres.
Voilà, j’en finis là. Si vous souhaitez renouer avec un échange et des questionnements qui respectent les avis et les positions différentes des vôtres, vous êtes le bienvenu ici. Dans le cas contraire, je ferai comme pour l’ensemble des messages injurieux qui m’arrivent et que je supprime, faute d’y trouver un quelconque intérêt.
Cordialement.
Je constate que 1) la liste Cuillandre est élue en recueillant les suffrages de 25% des inscrits et qu’elle obtient 75% des élus.
2) le nombre de bulletins blancs est supérieur à l’écart des voix entre les lites Cuillandre et Malgorn.
La légitimité du maire est un peu atteinte et la démocratie nen sort pas renforcée. Est-ce une analyse ou un simple constat?
Je comprends que les faits soient durs à admettre…
Cordialement.
Arnaud
Cher Arnaud,
Les chiffres que tu donnes sont vrais. Toutefois, je ne partage pas l’analyse que tu sembles en faire et notamment celle sur la question de la légitimité du maire et de l’équipe nouvellement élue.
Je ne pense pas que l’on puisse mélanger vote blanc et abstention. Le vote blanc est une expression qui est un désaccord avec les propositions faites et donc les listes en présence. Il s’agit bien d’une expression politique, une forme de liste supplémentaire (sauf que celle-ci n’a pas de projet commun, mais c’est encore une autre histoire).
Tu mentionnes l’écart de voix entre les listes entre gauche et droite au second tour, en laissant à penser que les votes blancs seraient le résultat de cette confrontation, où l’électeur serait démobilisé par les deux seules options possibles. C’est aller un peu vite. Au premier tour, le vote blanc sur Brest est de 2188 voix et il passe à 2701 voix au second, soit 513 votes blancs supplémentaires. C’est donc bien l’ensemble des présents du premier tour qui se trouvent visés par le vote blanc. Le second tour voit peu le vote blanc augmenter finalement (+23%).
Qualitativement, il ne s’agit donc pas tant d’une critique de deux finalistes que d’une critique de l’ensemble des listes et du Politique en général. C’est un vote contre tous ceux qui se sont présentés.
Quantitativement maintenant, si on imaginait que le vote blanc soit une liste qui puisse affaiblir la légitimité des listes en présence, ce vote blanc n’a fait que 6% au second tour, cela reste faible.
Reste donc l’abstention, beaucoup plus massive à ces élections.
L’abstention est par définition polymorphe dans ses causes. Mais si on tente de ranger un peu dans des cases, on peut simplifier pour n’en garder que trois.
La première abstention est une abstention politique. C’est une expression de non adhésion aux projets ou personnes. Cette abstention ressemble au vote blanc. La seule différence est que l’un va voter, l’autre pas. Elle est estimée entre 10% et 20% de l’abstention mesurée. Elle est quantitativement faible, mais s’agissant de personnes politisées, ce sont ceux qui s’expriment et donc que l’on entend le plus (réseaux sociaux & Co).
La seconde abstention est le reste des abstentionnistes mesurés : les quelques 80%. Il s’agit de personnes qui sont plus ou moins éloignées du fait politique et qui ne vont plus se mobiliser que sur certains scrutins ou plus du tout. Ceux-là ne sont pas dans le rejet, ils sont dans le décrochage ou le désintérêt dans le meilleur des cas.
C’est une réalité qui est d’autant plus forte que la ville est grande, comme l’ont démontré des scientifiques récemment.
La troisième « abstention » est l’absence d’inscription sur les listes électorales. Celle-là n’est même pas comptée, mais les chercheurs l’estiment à 7% au niveau national. Sachant que cela vote plus sur le rural, elle est probablement plutôt entre 10% et 15% dans nos grandes agglomérations.
Voilà, tout cela pour dire que l’abstention ne mesure pas majoritairement un rejet des listes en présence, mais plutôt un décrochage de la population vis-à-vis de l’élection et de son intérêt (pas forcément tout le temps de la question politique d’ailleurs).
Alors oui je te rejoins quand tu dis que cela pose un problème pour notre fonctionnement démocratique. Celui-ci repose sur la quantification des votes et plus il y a d’abstention et plus le système devient instable et risqué à terme. Par contre, je ne crois pas que cela remette en cause la légitimité de ceux qui sont élus. Le vote reste libre et chacun peut choisir de ne pas choisir et de laisser le soin à ceux qui s’en préoccupent plus, de faire le choix pour eux. Ils sous-traitent en quelque sorte. Je pense que ce n’est pas notre conception de la démocratie, mais c’est pourtant ce qui se passe.
Concernant plus le vote blanc, je comprends que l’on puisse montrer son désaccord, mais l’exercice trouve aussi sa limite. Après tout, chacun est aussi libre de déposer une liste et un projet. Sauf que c’est du boulot que de structurer une équipe autour d’un projet commun, aller en discuter avec les citoyens et les convaincre, confronter son programme aux listes adverses et se prendre quelques coups au passage. Je crois qu’il n’y a plus beaucoup de personnes qui veuillent réellement se risquer à l’exercice.
Exprimer un désaccord, c’est simple. Intégrer un parti ou tout autre groupe, pour construire un projet commun et se confronter à la diversité des personnes et des points de vue, c’est autre chose. C’est ce que les militants et les élus font, avec toutes les imperfections que les humains ont. Ils ne sont pas des surhommes, encore moins des personnages providentiels à même de résoudre tous les problèmes d’un seul coup de baguette magique. Probablement que certains voudraient que cela existe, afin d’effacer les diverses dettes que nous nous sommes créé nous-mêmes. Mais cela n’existe que dans les légendes et nous devrions nous méfier de ceux qui veulent nous faire croire le contraire.
Et pour conclure, en affirmant que les personnes élus ne sont pas légitimes, au lendemain même de l’élection, qui sert-on ?? Personnellement, j’ai fini par trouver une réponse à cette question : tous ceux qui veulent justement se passer du pouvoir politique et qui sont d’autant plus fort que celui-ci est faible … Alors, oui, nous sommes légitimes ! 😉
Bien cordialement.