Pour Noël : le livre interdit à Brest !

Cher lecteur de ce blog, voici ma modeste contribution pour Noël : je propose en téléchargement gratuit le livre que j’ai publié en 2022 sur l’affaire Vivre à Brest.

Cela fait désormais trois ans que cet ouvrage, qui retrace en détail les faits, est paru. À l’époque, le maire affirmait n’avoir aucune implication dans cette affaire. Au lendemain de sa révélation dans la presse, il a publiquement mis en cause ses deux plus proches adjoints, ce qui a conduit à leur mise à l’écart brutale. Ils sont décédés respectivement deux et quatre ans plus tard.

Peu d’éléments ont été rendus publics concernant le rôle précis de F. Cuillandre dans cette affaire. L’ensemble des faits connus et documentés est exposé dans ce livre, qui demeure, de fait, ce que l’on pourrait qualifier de « livre interdit à Brest ».

Des faits établis, jamais contestés

En préalable, je rappelle que, contrairement à l’une des notes publiées sur ce blog que le maire a tenté d’attaquer en diffamation, le livre n’a, pour sa part, fait l’objet d’aucune action en justice. Les éléments qu’il contient sont issus des documents de la procédure pénale et des pièces comptables de l’association.

Comme tout travail de récit et d’analyse, il comporte nécessairement un point de vue, mais les faits rapportés sont exacts et n’ont d’ailleurs jamais été contestés.

Publié à 200 exemplaires

Pour la petite histoire, l’ouvrage s’est vendu à un peu moins de 200 exemplaires. Il a vraisemblablement été lu par davantage de personnes (sans doute autour de 300), plusieurs lecteurs m’ayant indiqué qu’il avait largement circulé « sous le manteau ». La majorité des lecteurs se situent dans le Finistère, mais des ventes ont également eu lieu ailleurs en France, et même à l’étranger.

J’ai reçu de nombreux retours de lecteurs, souvent très positifs, tant sur le fond que sur la forme, ce qui constitue toujours un encouragement pour un auteur. Pour être honnête, il m’est également revenu aux oreilles que certains occupants de la mairie, en fin de bail (dont je tairai le nom), ont qualifié l’ouvrage de « torchon ». Les intéressés étant cités dans le livre, j’ai considéré que cette appréciation manquait d’objectivité !

Deux cents exemplaires peuvent sembler modestes à certains (qui n’ont jamais rien écrit). Ce chiffre n’est pourtant pas négligeable si l’on tient compte du caractère strictement brestois du sujet, et surtout de l’absence totale de couverture médiatique locale lors de la parution de l’ouvrage [1]. Ce refus de le faire connaître et de le diffuser met objectivement en cause la sincérité de ceux qui se réclament de la défense de la liberté d’expression à Brest.

La PQR aux abonnés absents

Alors même que la révélation de l’affaire Vivre à Brest avait initialement été publiée par Le Télégramme, à l’issue d’une enquête menée par l’un de ses grands reporters (à un moment où, fortuitement, la direction du Groupe Télégramme était en tension avec la mairie de Brest), le livre n’a fait l’objet d’aucune mention dans ses colonnes, ni lors de sa parution, ni même au moment de la condamnation de F. Cuillandre.

Pourtant, dès sa sortie, des journalistes du Télégramme m’avaient demandé de leur fournir deux exemplaires, que je leur ai transmis gracieusement. Plusieurs mois plus tard, un journaliste a même acheté un troisième exemplaire à titre personnel, les deux premiers ne semblant pas avoir été mis à disposition par sa direction.

Le même silence a prévalu du côté d’Ouest-France. Des journalistes ont lu l’ouvrage et m’en ont, à titre personnel, fait des retours positifs, notamment lors de l’audience ayant conduit à la condamnation de F. Cuillandre. Il apparaît toutefois que les directions éditoriales de nos deux quotidiens régionaux ont fait le choix de ne pas en rendre compte, manifestement soucieuses de ne pas heurter « Monsieur le Maire ».

Des libraires plus Charlo que Charlie

Du côté de la diffusion locale, aucune des librairies brestoises que j’ai pris soin de contacter n’a accepté de proposer l’ouvrage en rayon. Les librairies spécialisées m’ont systématiquement renvoyé vers la grande librairie généraliste de Brest, Dialogues [2], qui se définit elle-même comme telle.

J’y ai effectué deux démarches. La première, au moment de la parution du livre ; la seconde, quelques mois plus tard, lorsque le risque de poursuites pour diffamation était manifestement écarté [3].

Je n’ai reçu aucune réponse à ma première demande, pourtant déposée personnellement en boutique. La seconde a été formulée par écrit, par courrier recommandé avec accusé de réception, à l’attention de la directrice, Mme Cathy Jolivet.

À ma surprise, alors que ma demande s’adressait à la fille, c’est le père qui m’a contacté par téléphone quelques jours plus tard. Après s’être excusé pour l’absence de réponse à la première sollicitation, il m’a indiqué que le refus émanait de lui, précisant qu’il ne s’agissait, selon ses termes, en aucun cas d’un choix « politique ». L’unique motif avancé tenait au fait que le livre avait été imprimé par Amazon Distribution.

Je lui ai demandé de bien vouloir formaliser cette position par écrit, afin de m’assurer qu’aucun autre argument ne m’avait échappé. À ce jour, j’attends toujours cette réponse.

L’argument de Jacques Jolivet ne m’a pas franchement convaincu. Mon livre au format papier est en effet imprimé par Amazon, comme cela est mentionné en dernière page, conformément aux obligations légales. Ce sont toutefois les seuls mots de l’ouvrage qui ne sont pas de moi. Juger un livre à l’aune de son seul imprimeur me paraît, pour un libraire, fort peu pertinent, voire inquiétant.

Le choix assumé de l’auto-édition

J’ai fait le choix de l’auto-édition [4] pour ce livre, pressentant que le courage n’était pas la qualité première de ce petit microcosme brestois, et que je rencontrerais de grandes difficultés à le publier et à le faire connaître, malgré son intérêt général. Les faits ne m’ont malheureusement pas donné tort.

Donc refuser un livre non contesté et en auto-édition, sur un épisode important de Brest relatif à son premier magistrat, parce que sur la dernière page est écrit Amazon, ce n’est pas un argument sérieux.

À la librairie Dialogues, on trouvera sans difficulté (et en stock) des ouvrages de Bardella ou de Zemmour, mais pas le mien, qui traite d’une affaire ayant conduit à la condamnation du maire de Brest. Chacun se fera sa propre opinion ; la mienne est désormais arrêtée. Si Dialogues demeure par ailleurs une librairie de grande qualité, il apparaît néanmoins que l’autocensure n’y est pas exclue lorsqu’elle semble entrer en tension avec certains intérêts particuliers.

Santa Claus à la rescousse

Faute de diffuseurs brestois, alors même que mon intention initiale était précisément de les privilégier par rapport aux grandes plateformes, en leur proposant des exemplaires en dépôt, le livre n’est aujourd’hui disponible au format papier que via Amazon (ici).

Je le regrette, mais il faut constater que la diffusion de cet ouvrage dépend davantage d’un acteur économique mondial que de l’écosystème local, lequel s’est pourtant volontiers réclamé, en d’autres circonstances, de la défense de la liberté d’expression. Or la liberté d’expression, comme l’éthique en politique, ne se proclame pas : elle se pratique.

Pour conclure… en attendant la suite du procès.

En conclusion, force est de constater que la ville de Brest demeure étroitement structurée autour de son maire. Ce constat n’a toutefois rien de décourageant, puisque, plus que Le Télégramme, Ouest-France ou Dialogues, j’ai cette année pour alliés le Père Noël et ses lutins.

Ne nous y trompons pas : le système Vivre à Brest, fondé sur le contrôle des élus par le biais des indemnités perçues et sur l’influence d’acteurs économiques locaux bénéficiant d’arbitrages d’argent public en mairie (et à la métropole), semble avoir encore de beaux jours devant lui.

S’agissant de l’affaire Vivre à Brest elle-même, le livre ne couvre que les années antérieures à 2022. La suite des événements peut être retrouvée sur ce blog (ici), notamment la condamnation du maire de Brest. Bien que largement passée sous silence par la presse locale, l’affaire n’est pas close : F. Cuillandre a en effet fait appel de la décision de la juge, peu après avoir plaidé coupable. La recevabilité de cet appel devrait être examinée courant janvier 2026. L’affaire Vivre à Brest demeure donc pleinement d’actualité.

Sur ce, je vous souhaite à toutes et à tous de très bonnes fêtes de fin d’année, ainsi qu’une bonne lecture à celles et ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur le maire de Brest, une nouvelle fois candidat pour un cinquième mandat… On se demande bien pourquoi ?

Crédit photo : merci au Père Noël et à la Marine nationale pour cette image mémorable ! 😉


[1] Le propos n’est pas inexact puisque aucun journal de la PQR n’en a parlé à Brest. Toutefois, je dois remercier Penn Bazh : journal indépendant sur l’actualité bretonne, qui eut le courage de s’intéresser à mon livre, à l’affaire et a fait un sympathique article : Vivre (et un peu profiter) à Brest.

[2] J’ai également pris soin de solliciter la FNAC de Brest. Il m’a été répondu que les ouvrages relevant de l’auto-édition, comme le mien, n’étaient pas réellement intégrés à leur offre. L’accès à leurs rayons suppose de passer par des réseaux d’édition nationaux ou de se soumettre à un processus particulièrement complexe et dissuasif.

À l’inverse, je m’étais en premier renseigné auprès de la librairie Dialogues, qui m’avait indiqué accepter de référencer des livres issus de l’auto-édition locale.

[3] En matière de diffamation, la loi prévoit un délai de trois mois durant lequel les personnes s’estimant lésées peuvent engager une action à la suite de la publication d’un article, d’un livre ou d’un contenu en ligne. Passé ce délai, et en l’absence de plainte déposée devant la justice, le risque de poursuites pour diffamation est éteint.

[4] Écrire un livre en auto-édition signifie être son propre éditeur. L’ouvrage m’appartient donc intégralement et je conserve l’ensemble des droits de publication et d’exploitation. Contrairement à l’édition traditionnelle, où l’auteur cède tout ou partie de ses droits à un éditeur en échange de droits d’auteur, l’auto-édition me garantit une liberté totale sur la diffusion, le prix et l’usage du livre, y compris lorsque celui-ci est distribué via des plateformes comme Amazon.

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