Acheter français, c’est 50% moins cher !
Aller, aujourd’hui je réveille mon coté Montebourg … pourquoi acheter des productions françaises devrait être une évidence, pour la puissance publique, mais aussi pour tous les citoyens ?
On nous a tout dit sur les bienfaits de la libre concurrence et des vertus du commerce international. Tout n’est pas faux et il est en effet pertinent qu’il y ait des échanges entre les pays. Mais en temps de chômage important, notre raison devrait nous inciter individuellement à acheter français. C’est tout aussi logique que de diminuer ses dépenses lorsque ses revenus baissent, par exemple. Ce n’est pas une question de nationalisme stérile, mais simplement de bon sens : c’est 50 % moins cher !
En valeur comparative, acheter un produit fabriqué en France, c’est réinjecter son argent dans les salaires directs, mais aussi indirects.
L’équation est évidement bien plus complexe que cela puisque qu’un produit est l’assemblage de valeurs ajoutées, dans l’ensemble de sa production, depuis les matières premières jusqu’au produit final. Mais si l’on simplifie à l’extrême, lorsque l’on investit dans un bien produit à 100% en France, on finance pour 60 % des salaires et pour 40% des cotisations sociales qui alimentent des caisses collectives à l’ensemble des français. Si l’on admet que les 60% en salaire retombent dans la poche d’un autre, il nous faut aussi admettre que 40% de notre achat finance aussi notre sécu, notre assurance chômage ou notre retraite, ce qui ne sera jamais le cas pour un autre achat. Et dans le cas d’un système en déséquilibre, c’est autant de moins que l’on me demandera d’équilibrer sur mon propre salaire brut.
Enfin, faire travailler un français, quand le chômage est au plus haut, c’est aussi éviter un chômeur, donc une dépense de l’assurance chômage (une perte aussi pour les deux autres caisses) et donc une pression moindre sur mes cotisations sociales.
Pour la puissance publique que l’on pourrait considérer comme une seule et même caisse, comparer un achat sur le seul critère du prix affiché devient une aberration au regard des “marges arrière sociales” qu’une production française génère mécaniquement.
On le voit, en achetant des productions françaises, ce n’est pas seulement une logique de solidarité pour faire travailler mes compatriotes qui se joue, j’ai aussi un retour sur investissement indirect d’environ 50%.
Alors, quand on voit des consommateurs courir après des bons de réduction de 5%, ce serait bien bête de ne pas en profiter !
Je préfère « cotisations » plutôt que « charges » que veulent nous imposer dans le langage les patrons. Ce n’est pas anodins de faire la distinction.
Je paye une cotisation assurance pour ma voiture.
J’ai payé une cotisation pour mon (assurance) retraite.
Généralement on paye une cotisation pour son (assurance) chômage.
Plus une cotisation pour son (assurance) maladie.
A ces cotisations, payées par le travailleur par retenues sur salaire, l’employeur participe aussi.
Santé, retraite, chômage, les travailleurs sont normalement assurés pour cela. Avec des cotisations. Pas des charges.
Tu as raison, j’ai d’ailleurs parlé d’abord de salaires indirects …
Je corrige !
Bonjour, Vous-même , vous appliquez vous à consommer français? je suis journaliste et je suis à la recherche d’une personne déterminée à consommer uniquement des produits fabriqués en France, vous inscrivez-vous dans cette logique ??
Bonjour,
Je crains de ne pas être tout à fait le profil de personne que vous recherchez.
Ma note était plus sous la forme d’une interpellation devant donner lieu à une réflexion, que l’expression d’une démarche personnelle militante … et un peu jusqu’au-boutiste, telle que vous la décrivez.
Cela étant, je reste partisan du fait de consommer français. La notion de fabrication en France fait partie de mes préoccupations d’achat, pour les raisons que j’évoque dans la note, mais aussi sur une logique de circuit court.
Je n’ai pas voulu faire une note trop longue, toutefois j’aurai pu aussi relever le paradoxe d’un patronat qui demande toujours plus de baisses de charges, mais s’approvisionnant ailleurs qu’en France ou en délocalisant, participe globalement à la hausse des charges, puisqu’il faut bien que ceux qui restent payent !
La vraie difficulté aujourd’hui est dans l’accès à l’information dont on dispose pour notre consommation. Nous disposons de peu d’information sur les produits en rayons et la réalité de leur provenance. C’est un peu moins vrai pour la nourriture, mais sur les autres produits, qui peut dire d’où vient sa chemise, les cahiers de ses enfants, sa télé ou même sa voiture. A partir du moment où il y a des assemblages, la notion de « made in France » est flou. Tout est fait pour rendre illisible les qualités intrinsèques des produits de consommation. C’est vrai aussi sur leur contenu (Cf dérive de la viande de cheval). Je serais partisan d’un vrai étiquetage contrôlé sur le sujet.
Enfin, dans ma façon de consommer, je me pose aussi la question de l’impact carbone (pb climat). Et à la question : comment dépenser son argent en produisant le moins de carbone, j’y ai répondu en me disant qu’il fallait acheter moins de biens et plus de services. En l’occurrence, les services, c’est aussi souvent lié à une notion de proximité, donc faire tourner l’économie locale.
Voilà, donc j’achète français dès que je peux, mais je n’en fait pas non plus une règle de vie absolue … cela ne doit pas nous empêcher d’y réfléchir et de tenter de faire changer les choses !
Bonne soirée.
Bonne article, l’applicabilité est autre chose…
Diane