To be continued…

C’est la reprise !

Longue pause sur ce blog depuis la fin des municipales. Après une période d’écriture soutenue, l’envie de reprendre le clavier n’était plus vraiment au rendez-vous. L’objectif d’un renouvellement politique à Brest ayant été atteint, je ne ressentais d’ailleurs pas la nécessité d’en rajouter immédiatement.

Plusieurs personnes m’ont demandé si ce silence traduisait une forme de mal-être ou de mécontentement. Que les lecteurs de ce blog se rassurent : il n’en est rien. J’ai simplement profité de cette parenthèse pour faire autre chose, prendre un peu de recul et passer moins de temps devant mon clavier, au plus grand plaisir de mes proches !

Quand une période de fort engagement s’achève, elle laisse souvent derrière elle une forme de vide. Il faut alors savoir se donner du temps : pour retrouver l’envie, mais aussi pour réfléchir à ce que l’on souhaite mettre à la place et au sens que l’on veut donner à la suite.

Cette impression de vide m’était déjà arrivée en 2007, à la fin du plan social qui avait touché mon entreprise. Négociateur face à la direction pour mon syndicat, j’avais vécu une année 2006 très intense sur ce dossier à forts enjeux et aux conséquences directes pour les salariés concernés. Quand le plan social s’était conclu, sans casse sociale grâce aux mesures négociées, la pression était retombée, mais un grand vide s’était créé. Je n’avais plus goût à reprendre mes activités syndicales telles que je les avais laissées un an auparavant. Il m’avait fallu trouver une autre façon de faire du syndicalisme et surtout un sujet d’intérêt central pour remobiliser ma réflexion et mes actions.

J’ai alors décidé de travailler sur une question qui me semblait centrale (je le pense encore d’ailleurs) : qu’est-ce que le bon management ? Je me suis formé aux méthodes participatives et coopératives et, surtout, j’ai eu la chance de pouvoir observer en même temps, depuis trois postures différentes, des façons de diriger : j’étais à la fois un salarié avec son manager, un syndicaliste face à une direction et un élu en responsabilité dans une grande collectivité. Ce fut une période de réflexion intéressante. Elle m’a permis de mieux décrypter la complexité des rapports humains au sein d’organisations structurées. Elle m’a aussi aidé à, je l’espère, mieux interagir avec les équipes avec lesquelles j’ai travaillé ensuite.

C’est dans les vides que se créent de nouvelles envies.

Ils peuvent être féconds.

J’aime réfléchir à des sujets politiques de tout ordre, essayer de comprendre, de décrypter ce qui se joue derrière les événements, les décisions et les évolutions de notre société, puis essayer d’apporter un petit bout de réflexion pour tenter, à mon échelle, d’améliorer la situation. J’aime l’écriture aussi, car elle impose une exigence que la pensée seule n’a pas nécessairement. La pensée peut être rapide et éphémère, l’écriture l’est rarement ! La publication et le partage sur ce blog ajoutent aussi un degré d’exigence qui permet d’éviter la facilité. Cela impose, pour partie, de regarder comment le lecteur percevra les mots écrits. C’est un exercice intéressant sur le fond comme sur la forme.

L’action politique ne se résume évidemment pas à l’exercice d’un mandat ou à un engagement public en tant qu’élu. Elle peut prendre bien d’autres formes : l’engagement associatif, la participation à la vie de la cité, mais aussi, tout simplement, la réflexion, dès lors qu’on a envie de la partager et de la confronter à celle des autres.

C’est dans cet esprit que j’aimerais poursuivre ce blog, initié dans un contexte bien différent, en 2007 : continuer à y exprimer ce que j’ai envie de dire, mais sans doute différemment.

Durant les six dernières années, une grande partie de mes écrits s’est inscrite dans le combat et la résistance face à la municipalité en place, dont j’étais pourtant issu, mais dont j’avais progressivement compris les travers, les méthodes et les mensonges. Ce fut une période très centrée sur l’éthique en politique et les dérives d’un pouvoir qui perd sa boussole dans une quête de persistance vide de sens. Cette période est désormais derrière moi, même si la question de l’éthique en politique reste pour moi centrale (voire principale) dans la recherche de réponses aux enjeux de demain.

Je souhaite maintenant ouvrir davantage ce blog à une réflexion politique plus large. Écrire sur les sujets qui m’intéressent, qui m’interpellent ou me questionnent. Exposer mon point de vue, essayer de l’étayer et, modestement, apporter quelques éléments de réflexion au débat.

En bref, continuer à écrire librement, non plus principalement pour m’opposer, mais pour réfléchir, comprendre et partager. Au risque de décevoir ceux qui m’ont écrit qu’après le soutien de la droite, j’allais finir par soutenir l’extrême droite, je crains de toujours rester bien ancré à gauche dans ma réflexion !

Certaines paroles libres secouent les structures politiques partisanes, surtout lorsqu’elles finissent par confondre leurs propres intérêts avec ceux qu’elles prétendent défendre. Pourtant, à mes yeux, la pensée de gauche restera toujours une pensée libre.

Les sujets politiques ne manquent pas. Alors, il n’y a plus qu’à !

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